Il y a 100 ans naissait le syndicaliste Marcel Pepin


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Le 26 février 1926 naissait Marcel Pepin. Homme de conviction, ce syndicaliste a lutté pendant plusieurs décennies pour l’amélioration du sort des travailleurs, comme nous le confirment des reportages de Radio-Canada. Diplômé de l’École des sciences sociales de l’Université Laval, Marcel Pepin étudie dans un milieu qui s’oppose au premier ministre du Québec Maurice Duplessis et à ses politiques antisyndicales. Dès 1948, il débute son militantisme syndical. Il devient notamment négociateur pour la Fédération nationale de la métallurgie de 1949 à 1961. En 1961, il est élu secrétaire général de la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Il est par la suite choisi président de la CSN en 1965. Ce poste, il le gardera jusqu’en 1976. À cette époque, les relations de travail au Québec traversent une période de turbulence. C’est en partie dû au fait que Marcel Pepin ne craignait pas de s’attaquer aux employeurs, notamment dans le secteur public, en utilisant l’arme de la grève. La deuxième moitié des années 60 amène d’autres grèves. La CSN et Marcel Pepin sont alors au premier plan. Mentionnons les conflits de travail au quotidien La Presse, dans les secteurs de la construction et des transports en commun, de même qu’à la Régie des alcools du Québec. À l’automne 1968, Marcel Pepin dépose à la CSN un « rapport moral » qui est approuvé par l’assemblée générale. Le document propose l’adoption d’une nouvelle orientation stratégique pour la centrale syndicale. Selon Marcel Pepin, la lutte de la CSN doit déborder du cadre strict du « premier front  » des conventions collectives dans les entreprises. Il faut ouvrir, selon son expression, un « deuxième front » qui s’attaquera au problème du chômage, à la pauvreté et à la crise de logement. De janvier à octobre 1972, la CSN et Marcel Pepin sont à l’avant-garde d’une coalition intersyndicale. Les revendications de cette dernière visent notamment à améliorer les conditions de travail et salariales dans la fonction publique et parapublique québécoise. C’est ce qu’on a appelé le « Front commun de 1972 ». le Front commun en est venu à déclencher une grève générale illimitée dans le secteur public le 11 avril 1972. Une Loi spéciale de retour au travail est adoptée le 21 avril 1972. Le gouvernement Bourassa poursuit les chefs du Front commun, Marcel Pepin, Louis Laberge et Yvon Charbonneau, pour désobéissance civile aux injonctions et à la Loi spéciale. En mai 1972, les trois hommes sont condamnés à un an de prison.