Sauver la vie de personnes en surdose, c’est « la norme chaque jour » pour Alex Berthelot, directeur des services communautaires de CACTUS Montréal, rapporte La Presse. Mais depuis un mois, la situation est devenue intenable en raison d’un opioïde extrêmement dangereux, qui circule dans des doses de fentanyl à l’insu des consommateurs. Il appelle les gouvernements à agir pour enrayer cette crise qui dure depuis « trop longtemps ». C’est dans les bureaux de CACTUS que nous rencontrons Alex Berthelot. Sur sa bibliothèque est posée une trousse de naloxone. Sur une étagère se trouve une fiole de cet antidote utilisé pour renverser les effets d’une surdose d’opioïde. D’emblée, il nous prévient qu’il pourrait devoir interrompre l’entrevue à tout moment, étant de garde au site de consommation supervisée, situé à deux coins de rue. Début avril, l’organisme a dû faire face à 16 situations de surdose au cours de la même journée. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg, puisque cela ne comprend que celles qui ont eu lieu dans son site de consommation supervisée. Mi-mars, CACTUS a envoyé des échantillons de drogues consommées par sa clientèle au Service d’analyse de Santé Canada. Trois d’entre eux étaient positifs au carfentanil, comme l’a récemment rapporté La Presse. Guillaume Cliche-Rivard, député et porte-parole de Québec solidaire en matière de santé et de services sociaux, a qualifié la situation d’« extrêmement préoccupante ». « Le gouvernement n’en fait pas assez, et pendant qu’on tarde à agir, ce sont les intervenants communautaires qui tiennent le filet social à bout de bras, avec des ressources largement insuffisantes face à l’ampleur de la crise », a-t-il souligné.
Autres textes liés à l’itinérance et au logement avec la collaboration du RAPSIM :
• Surdoses : Un tranquillisant pour animaux fait des dégâts.
• Itinérance: financer le logement sans financer le chemin, c’est briser la chaîne.
• L’itinérance explose dans les couronnes de Montréal.
• Le Centre-Sud entre fatigue et résistance.
• La mort d’un migrant à Montréal aurait pu être évitée, selon le milieu communautaire.
• Les travailleuses du sexe réclament de meilleures conditions de travail.
• Grand Montréal : Un marché locatif « à deux vitesses ».