Alors que des dizaines de milliers d’enseignantes et d’enseignants de l’Alberta affrontent le gouvernement provincial dans une négociation tendue, la mobilisation s’étend au-delà des lignes de piquetage. Pour l’Alberta Teachers’ Association (ATA), il s’agit avant tout de défendre la valeur de l’éducation publique et de protéger un service essentiel menacé par les politiques d’austérité. Au moment de publier cet article, les enseignantes et enseignants représentés par l’ATA en sont à leur 9e jour de grève. Au cœur de la crise, les profs albertains font face, comme ici, à des classes surchargées, à une hausse des élèves à besoins particuliers, à une charge de travail élevée (plus de 46 heures de travail par semaine), à une disparité importante entre Edmonton et les régions. Le gouvernement albertain invoque la rigueur budgétaire pour limiter les investissements, tout en maintenant la pression sur les services publics. Pour Robert Mazzotta, secrétaire exécutif de l’ATA, la situation exige une réponse collective. Il rappelle à plusieurs reprises l’importance d’investir dans les services publics et dans le travail des enseignantes et enseignants. Il souligne que les compressions répétées et les retards dans le financement ont fragilisé le système éducatif au point de mettre en péril l’équilibre même des écoles. Pour Robert Mazzotta, l’éducation publique doit demeurer un pilier du bien commun. Le représentant de l’ATA insiste sur l’importance de protéger le système public contre les logiques de marché et les influences idéologiques venues d’ailleurs.