Les cours de philosophie, au cœur de la formation générale au cégep, sont souvent craints par les élèves, qui jugent la matière trop abstraite et pas assez actuelle. L’enseignement de cette matière doit-il être repensé ?, questionne La Presse. En début de session, Emmanuelle Gruber, professeure de philosophie au collège Montmorency, fait un sondage auprès de ses étudiants pour connaître leurs appréhensions. Elle sait que les trois cours de philosophie obligatoires (Philosophie et rationalité, L’être humain, Éthique et politique) provoquent souvent un mélange d’anxiété, de crainte, d’indifférence et de curiosité. Nombreux sont les élèves qui confient qu’ils ne savent pas à quoi s’attendre, alors que d’autres ont peur d’échouer à leur arrivée au cégep, car la transition avec le secondaire peut être difficile. Dans son rapport Regards croisés sur les conditions de réussite éducative des premiers cours de littérature et philosophie au cégep remis en 2024, le groupe de travail mis en place dans le cadre du Plan d’action pour la réussite en enseignement supérieur (PARES) 2021-2026 a fait des recommandations. Parmi celles-ci : la valorisation de la formation générale, la meilleure préparation des élèves, mais aussi la modernisation des pratiques enseignantes, la volonté d’intégrer des activités pédagogiques qui permettent de développer les compétences en lecture de textes philosophiques et en argumentation. « Les cours de philosophie ne sont pas adaptés à la réalité d’aujourd’hui, ils doivent être modernisés, dépoussiérés », croit Christopher Zéphyr, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ). Dans un mémoire publié en 2023 sur les « cours-défis » (littérature et philosophie), la fédération étudiante souligne que l’enseignement de cette matière a très peu évolué depuis les 30 dernières années, malgré d’importants changements sociopolitiques et culturels dans le monde.