La Presse est en deuil de son plus célèbre chroniqueur qui, avec son inimitable style gouailleur, a fait le bonheur des lecteurs durant plus de quatre décennies. Pierre Foglia, notre cher Foglia, l’homme qui parlait avec éloquence, émerveillement et poésie de sa fiancée comme des Jeux olympiques, de ses chats comme du Tour de France et de Saint-Armand, de littérature comme de cyclisme, de hockey, de vieillesse et de basketball, de tout et surtout de rien, est mort. Il s’est éteint à l’âge de 84 ans des suites d’une longue maladie, le parkinson. Il a reçu l’aide médicale à mourir alors qu’il était entouré de ses proches, dont ses enfants Manuel et Aube qui est chargée de cours à l’École des médias. La famille souhaite vivre son deuil dans l’intimité. Avec ses mots, Foglia savait comme nul autre faire naître des images dans nos esprits. Il était un projectionniste de l’âme. Explorant d’un bout à l’autre le spectre des émotions, il faisait rire, rager, pleurer, rêver, et quoi encore ! Il s’indignait aussi, remettait tout en question, questionnait et se questionnait. Mais il savait aussi informer, la mission première d’un journaliste.