La directrice de la Maison Benoît Labre, Andréanne Désilets, craint de devoir laisser tomber des gens qui sont à la rue, rapporte La Presse. L’organisme appréhende de devoir fermer sa halte-chaleur d’ici octobre en raison d’importantes compressions dans le financement de la lutte contre l’itinérance dans la région de Montréal. Et bien que la crise ne faiblisse pas, plusieurs autres refuges pourraient être touchés. « Il faut croiser les doigts en souhaitant que ça n’explose pas. Et malheureusement, en ce moment, je crains sincèrement que ça explose si on continue comme ça », regrette Mme Désilets, en entrevue. La révision de deux programmes fédéraux sème la panique dans le réseau communautaire depuis quelques semaines. D’abord, le Plan de réponse communautaire aux campements (PRCC) ne sera pas renouvelé, ce qui retirera environ 12 millions à la région de Montréal. Mais ce n’est pas tout. La métropole se fera aussi retirer 4,4 millions du programme Vers un chez-soi, la stratégie canadienne de lutte contre l’itinérance. Avec 16 millions de financement en moins, des choix difficiles devront donc être faits. La Maison Benoît Labre prévoit fermer sa halte-chaleur, son centre de jour et cesser l’aide alimentaire d’ici le mois d’octobre. « La seule chose qu’on peut se souhaiter, c’est qu’il n’y ait pas trop de morts », regrette Mme Désilets. Selon elle, « personne ne comprend cette décision dans le milieu ».