Féminicides : Sandrine Ricci explique pourquoi tant d’hommes tuent des femmes


Classé dans : Membres en action | 0

Le meurtre survenu à Brossard le 2 février a fait grimper à six le nombre de féminicides survenus depuis le début de l’année au Québec. Des données qui s’inscrivent dans une hausse «alarmante» de ces crimes, dit la sociologue Sandrine Ricci, mais qui ne sont pas le fruit du hasard, rapporte Le Courrier du sud. Comment expliquer ce nombre frappant de féminicides commis depuis le début de l’année et la hausse observée au cours des dernières années? Il importe de s’attarder aux potentielles causes de ce phénomène, selon Sandrine Ricci, chargée de cours, sociologue affiliée à la Chaire de recherche sur les violences sexistes et sexuelles en milieu d’enseignement supérieur (UQAM) et chercheuse postdoctorale. «Est-ce qu’il y a des parallèles à faire – moi, je les fais – entre la montée de l’extrême droite, d’une idéologie de haine et d’intolérance à tout point vue? Est-ce qu’il n’y a pas des liens à faire – et je les fais – avec la montée du masculinisme, de la popularité accrue des théories masculinistes qui blâment les femmes, qui sont misogynes, etc.?» Elle ajoute aussi à ces facteurs le coût de la vie. La hausse des loyers peut constituer un frein pour les femmes qui tentent de fuir une situation de violence, sans compter les maisons d’hébergement qui débordent. Le nom féminicide, qui s’est popularisé au cours des dernières années, est un terme politique et englobant. «C’est pour ça qu’on utilise le terme féminicide. Ce sont des faits qui sont le produit de violences systémiques. Il va tenir pour responsables non seulement des hommes auteurs de violence, mais aussi l’État, les structures judiciaires qui vont normaliser cette violence, qui vont normaliser la misogynie, ou en tout cas qui ne vont pas suffisamment octroyer de moyens pour lutter contre ces phénomènes.»