De plus en plus d’écoles de la province annulent des sessions d’examens « maison », notamment en fin d’année, afin d’augmenter le temps d’apprentissage offert à leurs élèves, rapporte Le Devoir. Une décision qui complexifie le travail de nombreux enseignants, qui appréhendent par ailleurs une augmentation du plagiat entre élèves, ou encore à l’aide de l’intelligence artificielle. L’objectif est de « favoriser des pratiques évaluatives qui soutiennent l’apprentissage en continu » en intégrant plus d’examens dans « l’horaire régulier » des élèves. C’est dans ce contexte que le CSS de Portneuf a décidé de retirer les sessions d’examens qui avaient lieu en cours d’année scolaire pour ne conserver que celle du mois de juin, le tout afin de « maximiser le temps d’enseignement et d’apprentissage en cours d’année ». Cet engouement des CSS à l’égard du retrait de sessions d’examens ne fait toutefois pas l’affaire de plusieurs enseignants. Ces derniers doivent maintenant revoir la durée de leurs évaluations pour que leurs élèves, dans la mesure du possible, puissent effectuer celles-ci dans une période de cours. Et lorsque ce n’est pas possible — certains examens nécessitant jusqu’à trois heures, soit le triple de la durée d’un cours au secondaire —, les enseignants doivent faire preuve d’ingéniosité pour limiter le risque de tricherie entre les périodes destinées à une même évaluation. « Ça oblige souvent l’enseignant à faire des versions différentes d’examens pour éviter le plagiat et la divulgation d’informations » par des élèves, entre des périodes de cours, relève le président de la Fédération des syndicats de l’enseignement, Richard Bergevin. Or, « il y aura du plagiat, c’est inévitable », prévient Luc Papineau, qui enseigne dans une école de Lanaudière. Un risque qui est particulièrement grand à l’ère de l’intelligence artificielle, que des élèves pourraient utiliser pour rédiger des réponses à leurs questions d’examens entre deux périodes de cours, relève la vice-présidente à la vie pédagogique de la Fédération autonome de l’enseignement, France-Dominique Béland.