Ex-placés de la DPJ : Des jeunes sans diplôme et dans la rue


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Près de 40 % des ex-placés de la DPJ abandonnent l’école à 18 ans. Et à peine un sur quatre réussira à finir le secondaire avant l’âge de 23 ans, révèle une étude obtenue par La Presse. Pour nombre d’entre eux, le manque de scolarité est aussi synonyme d’itinérance. Mike Houle et Alicia Monette se sont rencontrés pendant une fugue du centre jeunesse. À 18 ans, ils se sont retrouvés dans la rue. Ils y sont restés durant des mois, à dormir avec les rats et à manger des restes trouvés dans les poubelles. Évidemment, ils ont abandonné leurs études. Elle et Mike font partie de 39 % de jeunes ex-placés qui quittent définitivement l’école dans l’année suivant leur majorité, selon des chiffres révélés par l’Étude sur le devenir des jeunes placés, obtenus en primeur par La Presse. Le projet piloté par la Chaire de recherche sur l’évaluation des actions publiques à l’égard des jeunes et des populations vulnérables suit depuis des années une cohorte de quelque 1300 anciens de la DPJ pour mieux comprendre leur préparation à la vie autonome. Les enfants du système ont un taux de diplomation famélique, dévoile l’étude, qui doit être rendue publique ce jeudi matin. La moitié n’a ni diplôme ni qualifications à l’âge de 23 ans. Seulement un sur quatre a terminé son secondaire à cet âge, contre 86 % pour l’ensemble des jeunes Québécois. « Au moment où le placement se termine, ils s’en vont et ils ne retournent pas à l’école », dit le chercheur, Martin Goyette, professeur à l’École nationale d’administration publique. « Quand on parle avec les jeunes qui ont accompagné notre recherche, les jeunes qui participent à d’autres projets, ils nous disent qu’il y a plein de choses à faire à la fin du placement : se trouver un logement, un emploi… »