État d’urgence : Le Canada n’a jamais tourné la page d’Octobre 1970, selon André Lamoureux


Classé dans : Membres en action | 0

Il y a 55 ans, le Québec connaissait un épisode dramatique de son histoire: la Crise d’Octobre. Aujourd’hui encore, le recours à l’état d’exception reste une tentation du fédéralisme centralisateur. Pour le politologue et chargé de cours André Lamoureux, cet épisode fut autant un drame politique qu’un tournant institutionnel: l’État canadien a découvert, à cette occasion, la puissance de ses propres outils d’exception, rapporte Libre Média. Cinquante ans plus tard, l’usage de la Loi sur les mesures d’urgence par Justin Trudeau lors du Convoi de la liberté a ravivé d’anciennes questions: jusqu’où un gouvernement peut-il aller, au nom de l’ordre public dans un pays qui se veut une grande démocratie libérale? «Le FLQ n’a jamais représenté la majorité du peuple québécois. C’était un petit groupe d’extrême gauche qui prônait la lutte armée au nom des travailleurs. René Lévesque avait d’ailleurs condamné sans ambiguïté leurs actions violentes, affirme André Lamoureux. Leur idéologie s’inspirait de mouvements comme les Black Panthers ou l’IRA, mais cette radicalité a desservi la cause souverainiste. Elle a permis au fédéral de justifier une répression brutale et de discréditer tout un mouvement démocratique. À l’époque, la GRC a espionné les indépendantistes, allant jusqu’à voler la liste des membres du Parti québécois. Trudeau père a profité de cette crise pour mater les souverainistes sous couvert de lutte antiterroriste.