Cette réforme du financement est un véritable « changement de culture » selon la ministre de l’Éducation. Sonia LeBel promet que cette modernisation mettra fin au règne de la « microgestion » centralisée à Québec et rendra les écoles plus autonomes, rapporte Radio-Canada. Or, si les directions d’école applaudissent l’allègement administratif, elles s’inquiètent de la réelle autonomie qu’elles obtiendront. De leur côté, les syndicats du personnel scolaire craignent que cette nouvelle flexibilité
soit utilisée à mauvais escient par certains gestionnaires de centres scolaires ou engendre des services inéquitables d’un endroit à un autre. Comme l’a d’abord révélé le Journal de Montréal, la réforme prévoit que 261 enveloppes budgétaires soient regroupées sous 37 catégories. En les fusionnant, la ministre promet aux centres scolaires qu’ils pourront exercer leur jugement pour dépenser l’argent à l’intérieur de ces catégories. Actuellement, les sommes non dépensées des dizaines d’enveloppes dites protégées
sont récupérées par Québec au lieu de servir à une autre mission. Si une école n’a pas embauché un orthophoniste, par exemple, en raison de la pénurie de personnel, elle ne peut pas financer avec l’argent de cette enveloppe l’embauche d’un psychologue prévue dans une autre mesure budgétaire. On semble passer d’une centralisation à Québec à une centralisation dans nos centres de services scolaires
, craint la présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES), Kathleen Legault. Les enseignants émettent aussi des réserves. La réforme pourrait devenir un couteau à double tranchant
, estime France-Dominique Béland, la vice-présidente à la vie pédagogique de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), l’un des plus gros syndicats de professeurs du Québec. Mme Béland craint, à l’instar de plusieurs cadres, que les écoles se retrouvent à la merci de décisions arbitraires des centres scolaires.