Les lettres d’opinion d’universitaires pullulent dans les médias grand public. Mais pour être publié, il faut oser s’exprimer, et pour diversifier les points de vue, il faut délier les voix souvent sous-représentées. Cet hiver, Maïka Sondarjee s’est donné pour mission de rejoindre 400 femmes universitaires à travers le Québec et dans les provinces où le français minoritaire cohabite tacitement avec l’insécurité linguistique. À travers un atelier d’initiation à l’écriture de textes d’opinion, la professeure agrégée à l’École de développement international et mondialisation à l’Université d’Ottawa, offre à une relève francophone ciblée un espace d’expression et de valorisation des savoirs. Les chiffres expliquent en partie cette démarche : les femmes sont plus frileuses que leurs homologues masculins à accepter les demandes d’entretiens des journalistes. Au cours de la dernière année, en moyenne 27 % des personnes expertes citées dans la presse étaient des femmes. Radio-Canada, le diffuseur public, n’a consulté qu’un tiers de femmes, toujours selon le Radar de Parité conçu par Perspectives Plurielles, qui chapeaute aussi l’atelier.