La crise de l’itinérance est bien réelle et bien visible. Tout le monde s’entend pour dire qu’il y a urgence d’agir pour soutenir les personnes en situation d’itinérance. Pendant ce temps, Services Québec semble non seulement avoir manqué le bateau, mais aussi ramer à contresens, écrit Alexandra Tanguay du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal. Elle signe cette lettre dans Le Devoir avec l’appui de 57 organismes et regroupements communautaires œuvrant en itinérance et en lutte contre la pauvreté. Plusieurs personnes en situation d’itinérance sont bénéficiaires de l’aide sociale. N’ayant pas d’adresse ni de compte en banque, chaque début du mois elles se déplacent au bureau de Services Québec pour recevoir leur chèque. L’accès à un service en personne est donc nécessaire pour elles, et elles y ont droit ! Nos services publics ont la responsabilité d’offrir un service sans discrimination ! Or, fin octobre, les gestionnaires des bureaux de Services Québec (BSQ) de l’est et du sud-est de Montréal ont demandé que des organismes communautaires assurent ce service à leur place. En soutenant que les personnes en situation d’itinérance sont dérangeantes. Un mois plus tard, nous apprenions que le bureau de l’est de Montréal fermerait définitivement le 15 décembre 2025 sous le motif que les personnes peuvent recevoir leur prestation par dépôt direct. D’autres bureaux fermeront également dans d’autres régions. Est-ce une tendance qui s’étendra à encore plus de bureaux ? Les gestionnaires des bureaux de Services Québec se justifient par des propos déshumanisants et stigmatisants envers les personnes en situation d’itinérance. Ces justifications sont profondément inquiétantes ; elles mènent à une discrimination systémique. Comment vous sentiriez-vous si l’on vous refusait l’accès à un service public à cause de votre apparence et de votre statut social ?
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