L’histoire d’une femme itinérante qui a accouché dans un abribus de Longueuil à l’automne 2025 a choqué le Québec. Elle a aussi levé le voile sur un enjeu invisible. Chaque année, des dizaines de femmes sans-abri vivent leur grossesse dans la rue, souvent sans accès à des ressources spécialisées et dans des conditions pitoyables, révèle une enquête de La Presse. Et il y en aura plus, préviennent des organismes. Un dossier de Gabrielle Duchaine et de Martin Tremblay dans La Presse. Tricia Brazeau a passé le début de l’hiver dehors avec la crainte que son bébé ait froid dans son ventre. Bouchra Lagha a dormi sur le béton de l’Esplanade de la Place des Arts pendant sa grossesse. Jessy Levesque est tombée enceinte à la suite d’un viol collectif. Des histoires comme celles-là, les organismes d’aide aux femmes itinérantes en entendent de plus en plus. Et comme il y a plus de femmes dans la rue, « il va y en avoir plus, c’est clair », prévient la directrice générale de Chez Doris, Diane Pilote. Dans les derniers mois, nous avons rencontré neuf femmes qui ont vécu une grossesse, souvent non désirée, alors qu’elles étaient sans-abri. Cinq ont accepté de raconter leur histoire publiquement. Nous avons parlé à des médecins experts de cette clientèle et aux intervenants de six organismes communautaires. Tous ont un même message : il faut mieux soutenir ces femmes pour limiter les conséquences parfois catastrophiques de leurs conditions et de leurs habitudes de vie sur la santé de leur bébé et sur la leur. Si la grande majorité des femmes enceintes en situation d’itinérance accouchent à l’hôpital, certaines donnent naissance dans la rue. C’est ce qui est arrivé à Marie-Claude. La consommation de drogues et d’alcool, la malnutrition, le manque de suivi médical, l’instabilité : autant de réalités auxquelles sont exposées les femmes dans la rue. Deux experts nous expliquent quelles peuvent en être les conséquences, tant pour le bébé que pour la mère.
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