Des bombes et des bébés : La guerre comme technologie économique de contrôle du corps des femmes


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Peter Thiel, le « tech milliardaire » à la tête de Palantir, Elon Musk, PDG de Tesla et Marc Andreesen, un des plus importants investisseurs en capital-risque de la Silicon Valley, propagent depuis des années un discours alarmiste sur le déclin populationnel dans les pays du Nord global. Parmi leurs inquiétudes couramment énoncées se trouve aussi la stagnation technologique et économique. Face à la crainte que leur inspire la baisse du taux de natalité et du PIB, les personnes les plus riches et les plus influentes au monde adhèrent à l’économie de la guerre, soutient Myriam Lavoie-Moore dans une publication de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques. Cette solution pourrait s’accomplir au prix de l’indépendance économique des femmes. Les économistes féministes soulignent que la production guerrière est de plus en plus envisagée par les États-nations comme une solution simultanée à la stagnation économique et à la faible croissance démographique des pays les plus riches. La guerre est conçue comme une technologie économique propre à stimuler la croissance à travers la maîtrise des corps. Le « militarisme keynésien » que défendent notamment les « tech-bros » n’est pas seulement un moyen pour l’État de dépenser pour stimuler la production, mais aussi une manière de recadrer les rôles de genre vers la reproduction biologique et sociale de la nation. Un retour historique permettra de saisir les conséquences de cette proposition pour les droits économiques des femmes.

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