Des dizaines de centres de services scolaires (CSS) et de commissions scolaires mettent actuellement à l’essai un algorithme d’intelligence artificielle visant à identifier les élèves risquant de décrocher. Un outil pertinent, selon un spécialiste, mais qui ne s’attaque pas aux racines du problème, déplore l’Observatoire québécois des inégalités. Un dossier de Mélanie Marquis dans La Presse. Le ministère de l’Éducation continue d’apprivoiser l’intelligence artificielle, voulant s’en servir comme d’un allié plutôt que de le voir comme un ennemi. C’est dans cet esprit qu’il a contribué au développement d’un algorithme de prédiction aujourd’hui déployé aux quatre coins de la province. Identifier les enfants susceptibles de déserter les bancs d’école, c’est bien. Mais les aider à décrocher un diplôme, c’est encore mieux – et c’est ce que le système scolaire n’arrive pas à accomplir de façon satisfaisante, déplore l’Observatoire québécois des inégalités. Dans un rapport publié ce jeudi, l’organisme constate que la lutte contre le décrochage a stagné ces dernières années. Et si l’intelligence artificielle représente un outil supplémentaire pour mener ce combat, elle est loin d’être une panacée, argue le chercheur François Fournier. « Qu’est-ce que ça va nous amener de plus ? Va-t-on en identifier plus ? Mieux ? La question, c’est : que va-t-on faire avec ces élèves ? », lance-t-il.