Composter, un geste anecdotique ?


Classé dans : Monde social et de l’éducation | 0

Les bacs bruns se sont multipliés au Québec ces dernières années, rapporte La Presse. L’objectif provincial : valoriser au moins 70 % de la matière organique en 2030⁠1. Pourquoi est-ce important ? « Si tout le monde gérait bien ses déchets, il y aurait des impacts concrets sur la gestion des matières résiduelles au Québec et sur la lutte contre les gaz à effet de serre (GES) », pense Karel Ménard, directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets. Détourner les matières organiques de l’enfouissement, tant les résidus alimentaires que les boues d’épuration, présente un avantage environnemental indéniable, acquiesce Céline Vaneeckhaute, professeure au département de génie chimique de l’Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en récupération des ressources et en ingénierie des bioproduits. Le secteur des matières résiduelles a produit 5,3 % des émissions de GES au Québec en 2023⁠2, principalement en raison de l’enfouissement. Cela semble peu, mais la majeure partie est due au méthane (CH4). Ce gaz persiste moins longtemps dans l’atmosphère que le dioxyde de carbone (CO2) – une douzaine d’années comparativement à au moins un siècle –, mais son pouvoir de réchauffement est 25 fois plus puissant sur un horizon de 100 ans. Dans un site d’enfouissement, la décomposition des matières organiques se fait très lentement, sans apport en oxygène, ce qui génère du CO2, mais surtout beaucoup de méthane. Dans les centres de compostage, les matières organiques se biodégradent en présence d’oxygène. Elles sont mélangées à des agents structurants comme des copeaux de bois. Le processus libère du CO2 d’origine biologique dans l’atmosphère, mais au bout de plusieurs semaines, voire quelques mois, on obtient un compost riche en nutriments.

Autres textes liés à l’environnement :
Collecte sélective : Une première année réussie malgré une « crise » du recyclage.
Changements climatiques au Canada : le rôle des universités selon Steven Guilbeault.
La valeur moyenne des terres agricoles s’envole à nouveau.
Émissions d’arsenic par la Fonderie Horne : Québec jette du lest.
Le Québec perd 10 milliards par année en essence.
La facture que les plus gros pollueurs provoquent serait encore plus gigantesque qu’estimé.
«Effondrement» des migrations de poissons dans les fleuves et rivières, alerte l’ONU.
La Terre a accumulé une chaleur record en 2025, selon l’ONU.
Hydro-Québec évalue le potentiel de l’éolien en mer en Nouvelle-Écosse.
Des municipalités dénoncent le sous-financement des infrastructures d’eau.
Quand la guerre fait grimper les GES.
Le dangereux dégel des montagnes.
L’est de Montréal n’en peut plus d’attendre son tramway.
Des serveurs informatiques comme chauffe-eau.
Des jouets échangés par milliers.
Insectes, méthane et castors.