Estimant que les syndicats ont un problème d’image et disant constater les dégâts de la démonisation des dernières années, Caroline Senneville, présidente de la CSN, cherche à déconstruire cette vision de syndiqués profitant d’acquis dont les autres sont privés, rapporte La Presse. Les syndicats sont au contraire « les fers de lance de gains sociaux », a déclaré Mme Senneville à l’occasion du colloque « Retisser le filet social pour réduire les inégalités », organisé cette semaine à Montréal par l’Observatoire québécois des inégalités. À son avis, les dernières années, au cours desquelles « les partis politiques ont choisi les syndicats comme adversaires », ont largement contribué à la piètre image des syndicats. « On a été démonisés, un peu comme les immigrants », a-t-elle déclaré en entrevue. Au micro, Mme Senneville s’est donc attelée à rappeler le rôle historique qu’a joué le syndicalisme : les protections pour les accidentés du travail, les congés de maladie, les congés de maternité et l’assurance-chômage ne sont que quelques-unes des victoires qui ont d’abord été inscrites dans des conventions collectives, avant de « faire des petits » et de profiter à tous, a-t-elle souligné. Ce qui n’aide pas, dit-elle, c’est que les syndicats font essentiellement les bulletins d’information seulement « lorsqu’il y a des luttes, des chicanes, de la confrontation » – une grève d’enseignants qui se prolonge, par exemple. Parmi les vents contraires, il y a « ce discours populiste contre lequel il faut se battre, qui cherche à créer une scission entre les élus syndicaux et leurs membres », avance-t-elle. Il serait bon de se rappeler, fait valoir Mme Senneville, « qu’il n’y a pas de progrès sociaux sans lutte ».