La fin de la session parlementaire à Québec marque la mort au feuilleton de plusieurs lois liberticides que la CAQ prétendait nous imposer en accéléré ; à commencer par le projet de loi 1 qui prétendait sacraliser dans une pseudoconstitution du Québec un supposé « droit de la majorité » (c’est-à-dire du gouvernement) contre toute opposition, en interdisant la contestation de certaines lois par des organismes utilisant des fonds publics.
Comme l’exprime Betrand Guibord, président du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN) dans son texte « Des victoires à célébrer ! », c’est grâce à notre mobilisation que ces lois autoritaires ne sont pas passées. En effet, en plus du Barreau du Québec qui déplorait l’affaiblissement de l’État de droit, près de 800 organisations ont rejeté en bloc le projet de constitution, le considérant comme « attaque contre la démocratie et les droits humains ». Parmi ces organisations, on retrouve la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Fédération des femmes du Québec (FFQ), la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA) et la Ligue des droits et libertés (LDL), initiatrice de la Déclaration de la société civile contre le PL1.
Au-delà du PL-1, on peut se réjouir du fait que le gouvernement Fréchette ait aussi abandonné le projet de loi « Q-5 », visant à contourner les lois environnementales et sociales pour certains grands projets d’infrastructure. Mort au feuilleton du fait de l’embouteillage législatif des derniers jours, mais aussi des dénonciations publiques et de l’expression du « Ras-le-bol du mépris de l’environnement et de la démocratie », notamment par le mouvement Pour la suite du monde (PLSDM) duquel nous faisons partie. « La mobilisation a [aussi] forcé la réouverture du PEQ », avec par exemple, la « Mobilisation historique [d’]une trentaine d’organisations unies pour exiger des mesures urgentes en immigration ». L’adoption de la loi « Gabie Renaud » (visant à mieux protéger les femmes contre la violence conjugale) a aussi été le fruit d’un mouvement contre les féminicides, auquel participe la CSN : La prochaine est encore en vie! Agissons ensemble pour qu’elle le reste.
Toutefois, malgré la farouche opposition de l’ensemble des centrales syndicales (APTS, CSD, CSN, CSQ, FAE, FTQ, SFPQ et SPGQ), nous ne sommes pas parvenu-es à freiner l’adoption de lois antisyndicales comme les PL-89 (Loi 14) ou le PL-3 (Loi 4) qui représentent « Un recul historique pour les droits des travailleuses et travailleurs ». Malgré le succès du Grand rassemblement public du 29 novembre 2025, avec plus de 50 000 personnes dans les rues de Montréal, la « dérive autoritaire de la CAQ » s’est poursuivie avec l’adoption du projet de loi 7 (visant à réduire la bureaucratie et à accroître l’efficacité de l’État) qui « modifie une loi quasi constitutionnelle du Québec de façon unilatérale, sans débat, ni consultations » en s’attaquant à l’autonomie de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ). Cette loi menace aussi « l’autonomie et la capacité de défense collective des droits des organismes d’action communautaire autonome » qui sont nos alliés dans nos luttes pour la justice.
De même, le projet de loi 9 (sur le renforcement de la laïcité au Québec), étendant l’interdiction des signes religieux des centres de la petite enfance aux universités et interdisant les pratiques religieuses dans l’espace public, s’est imposé malgré la « Levée de boucliers dans le réseau collégial », dans les universités et ailleurs dans la société québécoise, en fonction des atteintes aux droits fondamentaux, de l’abus de la clause dérogatoire, des menaces à l’autonomie institutionnelle, entre autres. Selon la Ligue des droits et libertés, cette loi est « Une menace à la laïcité et aux droits des minorités » basée sur « le racisme, le sexisme, la peur de l’Autre et l’islamophobie ».
C’est dans ce contexte qu’il faudra se reposer cet été, afin de Faire front! cet automne dans le but de 1- Redistribuer la richesse par un système d’imposition juste ; 2- Protéger les droits des travailleuses et des travailleurs ; 3- Lutter contre la privatisation du réseau de la santé et des services sociaux ; 4- Favoriser l’égalité des chances de la petite enfance à l’université ; 5- Développer une économie durable et des emplois de qualité ; et 6- Mettre en œuvre la transition juste pour lutter contre la crise climatique.
D’ici cet automne, le Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN) nous invite à une série d’activités festives et solidaires, sous le soleil ou les étoiles, afin de rester alertes et bien motivé-es pour les actions de l’automne qui débutent avec la Foire populaire de la rentrée (le 7 septembre, au parc Lalancette). Aussi, il sera très intéressant d’écouter pendant l’été la nouvelle série de balados du CCMM, Coup de mob, pour découvrir la mobilisation syndicale sous toutes ses facettes!
Ricardo Peñafiel,
Vice-président Relations intersyndicales