Pour l’auto et la maison, on peut magasiner, comparer les offres et changer d’assureur si le prix grimpe trop. Mais pour les travailleurs couverts par un régime privé d’assurance médicaments, impossible de chercher mieux. Quand la prime grimpe plus vite que le salaire, il n’y a pas de porte de sortie. Voyant le mur approcher, les assureurs et sept syndicats du secteur public représentant 365 000 personnes tirent la sonnette d’alarme, rapporte La Presse. Ils réclament au gouvernement un plafonnement des honoraires des pharmaciens, qu’ils jugent excessifs dans le régime privé. À l’heure actuelle, rien n’empêche ces professionnels en sarrau d’exiger 150 000 $ par année à un patient pour leurs services… en sus du coût du médicament. Il n’y a pas de zéro de trop. De telles factures existent, et se répercutent sur les primes de tous les assurés. Ce n’est pas monnaie courante, Dieu merci. Mais les honoraires plus fréquents, facturés pour des médicaments coûteux, donnent froid dans le dos eux aussi. Autre enjeu : pour l’ensemble des médicaments, les assureurs paient des honoraires moyens de 22 $. Lorsque le patient est couvert par le régime public, le pharmacien reçoit plutôt 12 $ de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Même pilule. Même service. Même pharmacien. Cet écart de 10 $ n’a rien d’anodin. Il représente une facture de plus de 500 millions par année, assumée par les travailleurs et les employeurs, calcule l’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes (ACCAP). Chaque année, l’écart s’élargit. Les honoraires négociés par Québec sont « artificiellement bas », juge Éric Trudel, vice-président exécutif, Assurance collective chez Beneva. Cette question des honoraires est technique et ennuyante, mais elle est devenue un enjeu très sérieux de finances personnelles. Car les primes ont augmenté d’environ 50 % depuis 2019, selon Beneva, soit davantage que l’inflation et la rémunération.