« La FNEEQ-CSN voit donc d’un très bon œil l’application de la recommandation émise dans le rapport d’enquête, à une seule condition non négociable : si le gouvernement du Québec légifère afin d’encadrer la liberté académique dans les collèges, il faut que ce soit dans la perspective de la garantir, et non de la restreindre. », affirme Yves de Repentigny, vice-président responsable du regroupement cégep de la FNEEQ-CSN. Si le rapport d’enquête sur les collèges Dawson et Vanier, rendu public le 27 juin dernier, erre à bien des égards et ressemble à un fourre-tout répondant à une commande politique de la CAQ (salles de prière, actions militantes des étudiants et étudiantes, contenu des cours, etc.), soulignons un élément crucial de ses conclusions : la confirmation de la rigueur des pratiques de ces établissements en matière de sécurité physique et psychologique des personnes. En d’autres mots, la ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry (qui se trouve à tout le moins en situation d’apparence de conflit d’intérêts pour avoir siégé au conseil d’administration d’un lobby pro-israélien avant son entrée en politique), a utilisé un marteau-pilon pour écraser une mouche. Pis encore, dans les cégeps, l’enquête a eu un effet de dissuasion et d’autocensure au sein du corps enseignant. Bref, rebelote, Mme Déry a réussi à y brimer la liberté académique en utilisant son pouvoir ministériel. Ironiquement, l’enquête recommande l’adoption d’une loi pour encadrer cette liberté dans le réseau de l’enseignement collégial, celle-ci étant, selon les personnes enquêtrices, «à géométrie variable».