Casse-tête en vue pour l’évaluation et la formation des enseignants


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Évaluer les enseignants tous les deux ans et assurer leur formation continue représenteront tout un casse-tête pour les principaux intéressés et les directions d’école, en contexte de pénurie de main-d’œuvre. Si les enseignants jugent « inatteignables » les attentes de Québec à leur endroit, les directions d’établissement appréhendent un « travail colossal » de gestion, rapporte Le Devoir. Dans un arrêté ministériel publié mercredi dans la Gazette officielle du Québec, la ministre de l’Éducation, Sonia LeBel, est venue définir les 13 compétences sur lesquelles les directions d’école devront se baser pour évaluer, tous les deux ans, l’ensemble de leurs enseignants, comme l’exige une loi adoptée le 30 octobre dernier. Issue du projet de loi 94, celle-ci est surtout connue pour ses mesures visant à renforcer la laïcité dans les écoles. Les compétences en question sont tirées du Référentiel de compétences professionnelles de la profession enseignante, rédigé à l’époque où Jean-François Roberge était ministre de l’Éducation et mis en annexe de cet arrêté ministériel. Un imposant document qui détaille les 103 dimensions, rattachées à ces 13 compétences, dont devront tenir compte les directions d’école pour évaluer leurs enseignants. « C’est la somme de tout ça qui est exorbitante », lance au Devoir la vice-présidente à la vie professionnelle de la Fédération autonome de l’enseignement, Annie-Christine Tardif, selon qui « ce qu’on demande aux enseignants, c’est complètement inatteignable ». « C’est une pression supplémentaire qui est mise sur le personnel enseignant », à qui l’on demande notamment de tenir compte de « l’hétérogénéité » du groupe dans la préparation des cours, en plus de s’impliquer activement dans l’équipe-école, note Mme Tardif. Le tout dans un contexte de pénurie de personnel qui est venu complexifier le travail des enseignants dans les dernières années, souligne-t-elle.