Attraper les gens «à minuit moins une» avant la rue


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Depuis une semaine, des intervenants d’organismes luttant contre l’itinérance sont postés directement au Tribunal administratif du logement (TAL) à Montréal, dans le cadre d’un projet pilote, rapporte Le Devoir. Leur mission : repérer les locataires au bord de l’expulsion et intervenir avant qu’ils ne se retrouvent à la rue. « Ça nous permet d’attraper ceux qui sont à minuit moins une [de basculer dans l’itinérance]. On préférerait être à minuit moins le quart, mais c’est déjà bon », affirme Émilie Fortier, vice-présidente des services à la Mission Old Brewery, en entrevue avec Le Devoir. Son organisme participe à l’initiative du gouvernement québécois, aux côtés de la Maison du Père. Concrètement, des intervenants présents au TAL repèrent les personnes convoquées pour une audience concernant une demande d’expulsion pour non-paiement de loyer. Ils vont ensuite à leur rencontre. « On regarde avec eux s’ils souhaitent obtenir du soutien et on évalue s’ils peuvent bénéficier du projet », explique Mme Fortier. Le programme cible les personnes ayant des troubles physiques ou psychosociaux. Il s’agit notamment de gens aux prises avec une dépendance ou avec des problèmes de santé mentale ou des déficiences. Après évaluation, un dépannage financier peut être accordé aux locataires vulnérables pour payer les loyers en retard et éviter l’éviction. L’aide offerte n’est pas que financière, précise toutefois Duane Mansveld, le directeur adjoint du continuum de services cliniques de la Maison du Père. « Les intervenants font un suivi pour s’assurer que ces gens ne retomberont pas dans la même situation. » À terme, le programme vise jusqu’à 60 évaluations par semaine, grâce à trois intervenants affectés au TAL. Québec y consacre une enveloppe d’un million de dollars pour 2025-2026.

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