Au lendemain de la fin de deux semaines de mobilisation « historique » du communautaire, ses organisateurs se préparent pour la prochaine phase du mouvement. Jeudi, la grève des deux dernières semaines a pris fin devant l’Assemblée nationale du Québec, où 10 000 membres du milieu communautaire se sont rassemblés, selon les organisateurs. « C’était le plus gros rassemblement du milieu communautaire de toute son histoire », souligne Mathieu Gélinas, co-porte-parole du mouvement « Le communautaire à boutte », en entrevue avec Le Devoir. Près de 1900 groupes de partout au Québec ont participé au mouvement, selon Camille Trudelle, co-coordinatrice d’Action Gardien. Les deux organisateurs soulignent l’importance d’avoir rassemblé des groupes communautaires des quatre coins de la province pour cette grève. Les deux porte-paroles dénoncent la réponse de la ministre Rouleau, qui démontre un « manque de sérieux » et un « manque d’intérêt », selon M. Gélinas. À la fin de leur première semaine de mobilisation, « Le communautaire à boutte » a d’ailleurs demandé, aux côtés du Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA), la démission de la ministre Rouleau. « Selon nous, ça n’a juste pas de bon sens que la ministre qui représente l’action communautaire au Québec, un de nos joyaux, soit même pas capable de reconnaître qu’on a le droit d’être en colère, qu’on a le droit de demander plus », lance Mme Trudelle. Le cabinet de la ministre Rouleau a rencontré les porte-paroles du « Communautaire à boutte » la semaine dernière, mais la ministre elle-même n’était pas présente, a confirmé son attaché de presse. La grève des dernières semaines était une deuxième phase de mobilisation, après celle qui a eu lieu en octobre. Dès la semaine prochaine, « Le communautaire à boutte » va commencer à préparer la troisième phase — et une grève générale illimitée n’est pas « écartée ». « S’il faut se rendre à créer un chaos, on va se rendre à créer un chaos, lance M. Gélinas. Mais ce n’est pas notre objectif premier. »