C’est dans le ventre de son « bébé », son « enfant », à l’UQAM, qu’il a conçue, que l’urne contenant les cendres de Guy Rocher a été exposée en chapelle ardente jeudi matin, rapporte Le Devoir. Des dignitaires et de simples citoyens reconnaissants de son œuvre y ont défilé devant elle et sa famille pour lui rendre un dernier hommage. « Guy Rocher a dit que le Québec ne serait rien sans l’UQAM. Mais le Québec ne serait rien sans Guy Rocher », a lancé le recteur de l’institution, Stéphane Pallage. La chapelle ardente s’est tenue dans l’agora du pavillon Judith-Jasmin de l’UQAM, un lieu hautement symbolique : il s’agit de l’ancienne église Saint-Jacques, qui est devenue laïque « comme lui-même l’est devenu dans les années 1960 », a d’ailleurs noté M. Pallage. Tous — premier ministre, ministres, chefs syndicaux, hommes et femmes politiques, chercheurs, professeurs, étudiants et anciens étudiants — ont humblement reconnu l’héritage exceptionnel de ce grand sociologue qui aura été de tous les travaux qui ont façonné le Québec des soixante dernières années. Jusqu’à la toute fin, le 3 septembre dernier, jour de son décès à 101 ans, Guy Rocher aura gardé l’esprit alerte. Dans le bouillonnement de la Révolution tranquille, Guy Rocher aura été au cœur de la commission Parent sur l’éducation, à l’origine des cégeps et du réseau de l’Université du Québec. Il aura été artisan de la loi 101 et de la Charte de la langue française. Il aura été militant pour la laïcité. Mais le sociologue, qui avait fait ses armes à l’Université Laval et à Harvard, aura par-dessus tout aimé enseigner. Et pour enseigner, il a fallu des écoles accessibles au plus grand nombre et des universités permettant à des jeunes de tous horizons d’accéder à l’enseignement supérieur.