Une enquête apporte un nouvel éclairage sur l’absentéisme chronique, rapporte La Presse. Ils habitent dans un coin particulièrement défavorisé de Lanaudière, ils ont de 14 à 16 ans et ils s’absentent plus de 100 jours par année, malgré l’obligation légale de fréquentation scolaire. Le Carrefour jeunesse-emploi de Montcalm a voulu s’attaquer à ce désengagement. Il a trouvé du financement et demandé à l’intervenante Lory-El Dumas Daigle de faire des entrevues de fond avec 15 jeunes, 7 parents et 6 intervenants. Et ce qui ressort de cette enquête, ce n’est pas tant de la délinquance que beaucoup de souffrance. L’idée, ici, était de comprendre les causes profondes de l’absentéisme chronique et non de la quantifier, d’autant qu’une bonne partie du problème passe largement sous le radar. Entre autres parce que certains ont le code du portail informatique de leurs parents « et motivent eux-mêmes leurs propres absences », relève Geneviève Rinfret, directrice générale du Carrefour jeunesse-emploi de Montcalm. La règle des 10 jours consécutifs d’absence qui déclenche automatiquement un appel à la DPJ est aussi facilement contournée. « Certains jeunes effectuent des retours ponctuels à l’école afin de “remettre le compteur à zéro” et éviter l’intervention », peut-on lire dans le rapport. Les parents qui ont eux-mêmes eu un parcours scolaire difficile « ne priorisent pas nécessairement l’éducation », fait observer en entrevue Mme Dumas Daigle, qui signe le rapport. Il observe aussi un cercle vicieux : les jeunes rencontrés viennent de milieux défavorisés et bénéficieraient tout particulièrement de liens durables avec le personnel. Or, comme ces écoles sont souvent jugées difficiles, le roulement de personnel y est particulièrement élevé, tout comme le nombre d’enseignants non qualifiés.